Jazz : magie de l’improvisation

Stan Getz et Kenny Barron en concert; People Time

Le hasard d’une écoute de playlist triée aléatoirement — si ça a un sens ? — m’a fait écouter à bref intervalle deux versions d’un même morceau.

Dans le jazz, la prédominance de standards rend la chose assez courante. Ce qui l’est moins, c’est qu’il s’agissait des mêmes musiciens, captés dans les mêmes conditions au même endroit.

Trois mois avant sa mort, Stan Getz avait encore assuré une série de concerts en Europe (à Copenhague au Café Montmartre, puis à Paris à la maison de la radio).

Cela a été préparé un peu dans l’urgence, au printemps 1991. Comme le saxophoniste collaborait régulièrement avec Kenny Barron depuis 5 ans, le producteur Jean-Philippe Allard a eu l’idée de la formule du duo. Juste avant de traverser l’Atlantique, les deux compères ont eu une seule occasion de mettre au point leur répertoire lors d’un concert dans un hôtel de Boston.

People Time (2 CD)
L’album paru en 1992.

Les quatre soirées danoises — du 3 au 6 mars — donnent lieu à 7 sets (la fatigue de Stan Getz conduisant à annuler le huitième); la radio danoise (l’ingénieur du son Johnnie Hjerting) capte l’intégralité des concerts. Puis, le producteur et l’artiste font leur choix qui permettra la publication de People Time (2 CD).

En 2010, Jean-Philippe Allard a réussi à convaincre Universal à publier l’intégralité des enregistrements (un set par CD). Dans ces 48 morceaux. Getz interprète trois fois Stablemates, Soul Eyes, First Song, People Time et quatre fois The Surrey With the Fringe On Top. Et c’est passionnant…

L’édition complète désormais introuvable

J’ai une préférence pour First Song (morceau que Charlie Haden a dédié à sa femme Ruth). On a donc la chance d’apprécier l’évolution de l’exécution au fil du temps. Allard et Getz ne s’y sont pas trompés, la dernière version est la plus aboutie (celle qui a été retenue pour l’album de 1992).

Stan Getz et Kenny Barron en concert à Copenhague

L’écoute de ces concerts impose le respect, celui que l’on ressent entre les musiciens, Kenny Barron percevant à la perfection s’il doit accorder un peu plus de temps au saxophoniste pour lui permettre de rester performant jusqu’au bout. Pour plusieurs morceaux, la prestation tient du miracle comme l’a titré un journal local.

Une presse dithyrambique…

Je vous propose d’apprécier l’évolution des versions de First Song:

Version du 3 mars 1991
Version du 4 mars 1991
Version du 5 mars 1991

Si cela a éveillé votre intérêt, allez aussi voir ce que d’autres en disent :

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