Jazz : magie de l’improvisation

Stan Getz et Kenny Barron; People Time

Le hasard d’une écoute de playlist triée aléatoirement — si ça a du sens ! — m’a fait écouter à bref intervalle deux versions d’un même morceau.

Dans le jazz, la prédominance de standards rend la chose assez courante. Ce qui l’est moins, c’est qu’il s’agissait des mêmes musiciens, captés dans les mêmes conditions au même endroit.

People Time
L’album publié en 1992

Trois mois avant son décès, le 6 juin, Stan Getz s’est encore produit durant quatre soirées au Café Montmartre de Copenhague. Ça s’est passé du dimanche 3 au mardi 6 mars 1991 et a fort heureusement été capté par les techniciens de la radio danoise en vue de la publication (posthume) d’un album chez Emarcy.

Avant de se présenter au public danois lors de deux sets par soirée, les musiciens avaient donné un concert dans un hôtel de Boston en guise de répétition… On ne s’étonne donc pas des différences très sensibles dans l’interprétation des pièces au fil des soirées. Au bout du compte, le second set du mercredi soir ayant dû être annulé en raison de l’épuisement du saxophoniste, sur les 24 titres (48 enregistrements) un seul morceau a été joué quatre fois; sept l’ont été trois fois; sept autres deux fois et neuf une seule fois.

Pour la production du disque, Jean-Philippe Allard a fait écouter l’ensemble à Stan Getz en avril 1991, chez lui à Malibu un mois après la série de concerts. Ils ont consacré une dizaine de jours à choisir les pièces constituant le double CD.

Sans surprise, le disque a rencontré un vif succès, car il est tout simplement magnifique, d’une grande qualité, empreint d’émotion et d’un infini respect réciproque.

Une magnifique complicité

En 2009, le producteur a réussi à convaincre Universal Music de publier l’ensemble des enregistrements réalisés au cours des quatre soirées : People Time, the complete recordings… Il y a sept disques, un par set !
Je n’en dis pas davantage, lisez plutôt ce qu’en disait Michel Contat dans Télérama.

Hélas, le coffret est désormais épuisé et l’occasion de confronter diverses versions d’une même œuvre aussi !

Le morceau que je préfère est dû au bassiste Charlie Haden, qui l’a dédié à sa femme Ruth : First Song.

Écoutez la première version, du dimanche 3 mars :

et comparez avec la troisième, du mardi 5 mars :

N’importe quel musicien de qualité serait satisfait par la première prestation, de belle qualité.

Mais que dire de la troisième ? C’est de l’ordre du miracle, non ?

Pour les curieux, la version du lundi soir, intermédiaire :

Revue de presse
Enthousiasme de la presse danoise
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